Les professionnels

Pitchs : qui veut produire mon documentaire ?

Comme chaque année, les professionnels laissent le champ libre aux jeunes réalisateurs pour présenter leurs projets. Découvrez quelques talents des plus prometteurs, à l’international comme en Nouvelle-Aquitaine.

Le FIPADOC, c’est aussi un lieu d’échange entre professionnels du cinéma – là où se joue l’avenir du documentaire. « Ce festival est un grand labo, un réacteur de rencontres », confie Christian Popp, habituellement producteur, et ici responsable de l’organisation des journées professionnelles. « Avec l’arrivée des plateformes de streaming, l’audiovisuel a été totalement chamboulé. » Le risque ? Une industrialisation du documentaire. 

C’est pourquoi au FIPADOC, la priorité est donnée à la rencontre. « C’est un marché à taille humaine. »  Les broadcaster – entendez diffuseurs – peuvent échanger avec les réalisateurs en devenir. « Le tout est de réussir à inventer un langage commun pour ensuite pouvoir collaborer, notamment sur volet financier ».

Les documentaires de demain

« It’s all about this in fact », explique Gitte Hasen, médiatrice lors des rencontres. « Les réalisateurs ont besoin de financement et d’audience, tandis que les diffuseurs sont à la recherche de projets crédibles. C’est presque du sur-mesure ! ». Les uns et les autres ont lancé leur opération séduction, dans une salle du Casino, avec vue sur la mer. C’est dans ce cadre idyllique qu’une dizaine de réalisateurs se sont succédé sur l’estrade pour présenter les prémices de leur production, non sans une légère dose de trac – touchante il faut l’avouer. 

Pour le jeune réalisateur Vinicius Girnys, cette présentation est parmi ses premières. Brésilien d’origine, ce réalisateur a eu l’idée de filmer la vie d’un petit garçon au moment de l’arrivée de l’électricité dans son village. L’ambiance change du tout au tout dans ce hameau à proximité de Rio de Janeiro, où les touristes commencent à affluer. On suit les premiers pas de l’enfant dans un environnement de pêcheurs et agriculteurs, qui va évoluer bien vite. « Pour pouvoir mener à bien le projet, et le livrer en septembre, il nous faut des financements supplémentaires. Nous sommes reconnaissants au FIPADOC de nous avoir invités », indique Maurane Gugny, co-productrice de Samuel and the light

Un sentiment qui semble être partagé par tous les réalisateurs, et en particulier ceux à la tête du projet, Draw for change : il a remporté jeudi, en fin de journée, le prix du meilleur pitch international. Il se présente sous la forme de série, où chaque épisode dresse le portrait d’une dessinatrice engagée. Qu’elles soient américaine ou égyptienne, ces artistes ont des choses à dire, et les expriment à travers leurs croquis. Victoria Lomasko raconte le regard porté par les femmes russes sur l’industrie du sexe dans leur pays. Piquante, cette série documentaire semble promise à un bel avenir, et on a hâte de la découvrir.

Nos réalisateurs ont du talent

Après l’international, retour en France ! Les jeunes réalisateurs de Nouvelle-Aquitaine n’ont d’ailleurs rien à envier à leurs homologues étrangers. Tous espèrent s’ajouter aux 12 pitchs régionaux ayant trouvé un producteur, sur 23 proposés durant les trois dernières années. Se succèdent des projets plus ou moins ambitieux, plus ou moins constitués, mais toujours avec ce même élan de passion et de créativité. C’est le cas de Xiao-Tong Xu, qui veut retracer l’histoire d’un quartier historique de la ville chinoise de Ningbo menacé par l’urbanisation, à travers les histoires et les souvenirs des habitants les plus âgés. Ou de Mener le bal de Charlène Biju, dans lequel la caméra suivrait un orchestre de bal aujourd’hui traversé par les doutes depuis la fin de la grande époque.

Face à eux, les producteurs se montrent plus ou moins curieux, intéressés, n’hésitant pas à poser les questions qui fâchent – sans jamais rabaisser les réalisateurs, qui ressortiront tous grandis de l’expérience. Mais s’il en est un qui y a gagné plus que les autres, c’est bien Thomas Hirgorom : son projet Les passeurs d’océan, sur le travail d’une saunière dans l’île de Ré aujourd’hui, a remporté le prix du meilleur pitch premier film en région ! De quoi s’engager dans la carrière de réalisateur l’esprit plus tranquille.

Camille Bigot & Luc Chagnon

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