Conférences Les professionnels

Service public, plateformes privées et création : quelles ambitions en France ?

Alors que le projet de loi audiovisuelle doit être débattu ces prochains mois au Parlement, les journées professionnelles du FIPADOC ont questionné les enjeux actuels de la création française.

Delphine Ernotte est formelle : le service public est primordial pour l’ambition française. Invitée d’honneur, la présidente de France Télévisions, a rappelé à quel point la télé publique française « pèse lourd » dans la création documentaire. Un engagement qui « dépasse le cahier des charges » de France Télévisions. Ainsi, sur les 420 millions d’euros de budget à la création audiovisuelle, 101 millions sont consacrés au documentaire – soit un quart.

Faire face à la concurrence des plateformes

Mais France Télévisions observe d’un œil prudent les bouleversements dans le milieu, et particulièrement l’explosion des plateformes de streaming. A propos de Netflix et des autres services de vidéos à la demande, le producteur Emmanuel Priou prévient : « Ces plateformes prônent la production localisée. C’est-à-dire que chaque pays produit sur son propre pays uniquement. D’un point de vue démocratique, c’est une perte de patrimoine et de souveraineté culturelle ». Laurent Vallet, le président de l’INA, abonde : « Les services de streaming ont une vision plus mercantiliste de la production et de la distribution. Ils recherchent une recette formatée et efficace ». Si les plateformes portent la production en termes quantitatifs, la création au sens artistique semble passer au second plan.

Moins alarmiste, David Assouline, se félicite de ce nouvel attrait  : « Si le privé se jette sur le documentaire, cela signifie que c’est un genre qui plaît, qui a un public en face ». Une bonne nouvelle pour le sénateur de Paris.

Un regard mitigé sur le projet de loi audiovisuelle

Dans ce contexte, le projet de loi audiovisuelle pourrait rebattre quelques cartes. « Le plus du projet de loi, c’est l’accent mis sur la création. », salue Delphine Ernotte. De son côté, Laurent Vallet loue la constitution de la holding « France Médias », soutien pour la distribution et l’exploitation des documentaires. Des réserves, notamment sont mises sur le manque d’informations à propos de la redevance audiovisuelle, « une injustice fiscale ». Et tous de reconnaître que le futur de la création française passera aussi par un accès facilité, aux productions, aux documentaires notamment, sans considération d’abonnement ou d’inscription à un service.

Maÿlice Lavorel

Photo : Les intervenants de la table ronde pour discuter de la création documentaire française

1 comment on “Service public, plateformes privées et création : quelles ambitions en France ?

  1. Thomas de Genf

    Enfin un début de réponse des acteurs français ?

    J'aime

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