Conférences Les professionnels

Quelle place pour la télévision publique sur Internet ?

Face au basculement numérique et à la montée des plateformes, comment les chaînes de télévision publiques doivent-elles gérer et adapter leur offre documentaire ? Éléments de réponse avec deux exemples couronnés de succès, Arte et la chaîne suédoise SVT.

Après une première conférence sur la coproduction entre la France et la Suède, l’heure était jeudi aux transformations liées au numérique pour le documentaire à la télévision. Comme dans le reste de l’industrie cinématographique, le nom de « Netflix » était sur toutes les lèvres. Et il y est pour longtemps, selon le directeur de la stratégie de SVT Markus Sterky : impossible de revenir au « bon vieux temps » de la diffusion linéaire, avec éventuellement un replay sur internet. L’enjeu pour les télévisions est aujourd’hui de s’approprier les atouts des plateformes pour attirer un public largement acquis à leurs logiques, et particulièrement les plus jeunes.

Repartir sur de nouvelles bases

C’est justement ce qu’a entrepris SVT. L’histoire de la chaîne constitue une leçon d’humilité : alors que sa position de pionnière sur le numérique en Europe était censée la protéger d’éventuels concurrents dans ce secteur, la chute dramatique des audiences constatée en 2012 a fait l’effet d’une douche froide. SVT a donc totalement repensé les principes mêmes de son offre de programmes sur internet, avec les désirs du public comme seule boussole, en appliquant les recettes qui ont fait le succès de Netflix.

Des rubriques trop nombreuses et peu lisibles ? Tout a été rassemblé sur le site sous un même label « Documentaires » plus accessible. Des thèmes trop éloignés des goûts des spectateurs ? La chaîne a participé à la création de plusieurs séries documentaires sur des thèmes à succès, comme les « True crimes ». Mais s’il est un élément qui indique un changement de philosophie majeure, c’est bien la publication des documentaires sur la plateforme avant même leur diffusion à la télévision. Internet est devenu le nouveau terrain de chasse majeur des médias, et le seul moyen de le conquérir est d’engager un dialogue permanent avec l’audience pour s’adapter à ses besoins.

Réseaux sociaux et événements, les clés du succès

La situation d’Arte est similaire. Elle aussi a longtemps été précurseur dans son genre, avec des replays proposés sur Internet dès 2008 ; et avec 57 % de sa grille constituée de documentaires, renforcer leur attractivité est pour elle un besoin vital. Pour cela, la chaîne n’hésite pas à mobiliser les outils de l’époque, c’est-à-dire les réseaux sociaux comme Twitter et Instagram, pour diffuser des créations originales ou mettre en avant des programmes adaptés en fonction des publics cibles. Si la preview est implémentée de manière plus timide que chez SVT, Arte a également lancé quelques initiatives visant à relancer l’intérêt pour plusieurs documentaires, comme un « mini-festival » avec des sorties coordonnées qui ont rencontré un certain succès.

Luc Chagnon

Du même auteur, lire aussi :

Coproductions internationales : obstacles et opportunités

1 comment on “Quelle place pour la télévision publique sur Internet ?

  1. Ping : Coproductions internationales : obstacles et opportunités – Champ / Contrechamp

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :