La vie du festival

C’est notre palmarès!

Danser sa peine de Valérie Müller, A vous de juger de Brigitte Chevet, 21 days inside de Zohar Wagner, Scheme Birds de Ellen Fiske, Cold case Hammarskjöld de Mads Brügger, Queen Lear de Pelin Esmer, Le goût de l’espoir de Laura Coppens, Brassens par Brassens de Philippe Kohly, et aussi For Eunice, Flaca Alejandra, Once Aurora, Les Plages d’Agnès… Nous les avons tant aimés.

Lisa / Danser sa peine de Valérie Müller / NATIONAL

« Malgré quelques longueurs, la sensibilité des cinq danseuses en herbe, Annie, Sylvia, Sophia, Litale et Malika, nous touche en plein cœur. Le film alterne entre interviews face caméra et les répétitions dans l’enceinte de la prison des Baumettes. Le parallèle entre la liberté du corps apporté par la danse et la dure réalité du monde carcéral est frappante. On ne saura jamais ce qui les a mené à être incarcérées, mais là n’est pas le sujet du documentaire. Grâce au projet de ballet du chorégraphe Angelin Preljocaj, les danseuses amateures apprennent petit à petit à retrouver une confiance en elles et à reprendre goût à leur image et leur corps. Elles le disent elles-mêmes, « on nous voit en tant que femme et pas en tant que détenues ». Définitivement un très gros coup de cœur qui devrait être diffusé prochainement sur le petit écran ».

Danser sa peine de Valérie Müller

Maÿlice /A vous de juger /PANORAMA DE LA CREATION FRANCOPHONE

« A mes yeux, le documentaire le plus bouleversant de ce festival. Dix personnes face caméra et une question toute simple : en quoi sommes-nous aptes à rendre la justice ? La caméra de Brigitte Chevet retrace des heures d’hésitations, de questionnements, de remises en question de la part de convoqués comme jurés d’assises. Et la même interrogation, qui revient sans cesse, lancinante : comment assumer cette position, quand elle nous tombe dessus sans que l’on ne le demande ? Tous les témoignages sont, chacun à leur manière, très édifiants sur cette expérience hors du commun. Et si on peut regretter la reconstitution du procès, un peu forcée et pas vraiment naturelle, l’ensemble reste très bien réalisé. Un gros coup de cœur. »

A vous de juger de Brigitte Chevet

Anne / 21 days inside de Zohar Wagner/ IMPACT

« C’est le documentaire que j’aurais voulu faire. Tout y est. Un village de bédouins, assommé de soleil, abandonné aux enfants le jour. Les hommes sont partis travailler, les femmes s’activent, brossent le sol en béton des habitations, soignent les bêtes dans la poussière et le silence du désert. Un drame survient, on appelle la police, un tout petit enfant a disparu. L’enquête à peine démarrée, le corps du petit arabe est retrouvé au fond d’un puits à 200 mètres de la maison familiale. Sa mère, Ratiba, est arrêtée et va être gardée à vue 21 jours, questionnée en hébreu, elle qui parle arabe. Son tort ? Sa révolte sourde peut-être. Car elle nie, — pourquoi une mère tuerait son enfant ? Pieds et mains liés, on la conduit depuis ses interrogatoires, à sa cellule et au puits où elle doit se mettre en scène. On dit qu’à la naissance de son enfant, Ratiba serait descendue dans un puits, pour s’y réfugier. Dépression post-partum aux enfers. Les légendes bédouines racontent qu’au fond des puits, des sorcières guettent les vilains enfants, pour les tuer. Ratiba, femme, sorcière, à la peau sombre doit avouer. Qui pour la croire ? ».

21 days inside de Zohar Wagner

Camille l’indécise / Flaca Alejandra + Once Aurora + Les Plages d’Agnès

« Difficile de choisir ma propre palme d’or, car plusieurs documentaires m’ont touchée, transportée, émerveillée voire terrifiée. La Flaca Alejandra, par exemple. Cette oeuvre de Carmen Castillo m’a mis la larme à l’œil, et les mots d’Hobbes, «c, ne m’ont jamais parus si vrais. Les tortures physiques et mentales sont racontées par une survivante, qui pour s’en sortir a parlé. Elle a trahi, et finalement… on la comprend. Comment vivre alors quand la culpabilité nous ronge ? C’est une lente reconstruction qui passe inévitablement par l’assomption de ses actes – unique solution pour pouvoir cohabiter à nouveau avec sa conscience. Trahir, était-ce le destin de la Flaca Alejandra ? Car, c’est de cela qu’ il est question au FIPADOC, de parcours de vie, d’histoires. Un fil rouge aussi perceptible dans Once AURORA, récit d’une jeune chanteuse norvégienne, ou encore Les plages d’Agnès qui retrace la vie de l’une des plus grandes dames du monde du cinéma. Bref, pour moi, ces trois documentaires sont sur le podium… tous à la première place ! »

Augustin / Scheme Birds / Compétition internationale

Scheme Birds : dir. Ellen Fiske & Ellinor Hallin (Écosse/Suède)

Scheme Birds est impressionnant par son souffle. C’est la réalité, celle d’une héroïne qui a une vraie fragilité et pourtant, il y a un souffle de cinéma assez incroyable. Et tellement de trouvailles en termes de réalisation ou même dans l’agencement des thèmes. En plus, c’est des réalisatrices suédoises qui font un film sur une adolescente écossaise, rien que ça ça vaut déjà le détour. 

Et même s’il n’est pas en compétition, je ne voudrais pas conclure sans évoquer State Funeral. Sergueï Loznista documente les funérailles de Staline avec des archives d’époque superbement restaurées. Il y a sans doute une petite dose d’hubris du cinéaste là-dedans ; il voulait certainement faire son Andreï Roublev (et peut-être même tester le spectateur) mais c’est sublime, absolument sublime. Sublime, et le mot est faible. 

Nina / Queen Lear / INTERNATIONAL

« Ce n’est pas le documentaire qui m’a le plus étonnée, indignée. Il ne pas ennuyée non plus. La caméra sautille sur les routes rocailleuses des confins anatoliens, je devais même parfois baisser le regard pour ne pas avoir l’estomac retourné. Mais je m’en fiche. J’aime la Turquie que montre Pelin Esmer. Les paysages qu’il filme montrent une nature d’une munificience surréaliste. J’aime le turc, la langue est belle. Tout dans ce documentaire est émouvant. Des femmes, dans une troupe de théâtre, sur la route pour donner des représentations rudimentaires d’une pièce shakespearienne, des rires et des cris d’espoir. Shakespeare écrit « Le désir d’une femme est un territoire sans limite!« , tandis que Queen Lear le montre. »

Et le roi Lear devint Reine

Luc / Cold case Hammarskjöld / INTERNATIONAL

« Le secrétaire général de l’ONU assassiné. La sécession violente du Katanga, une province congolaise, soutenue par des conglomérats occidentaux. Une enquête officielle bâclée et des images absentes. Tous ces éléments faisaient déjà de Cold case Hammarskjöld un projet d’intérêt général aux conclusions susceptibles de rentrer dans l’Histoire. Mais le film est allé encore plus loin. Comme l’explique Antoine dans cet article, le réalisateur Mads Brügger nous entraîne dans un numéro d’équilibriste à la frontière entre la conviction et la folie la plus pure, démêlant l’écheveau des conspirations et des ingérences étrangères jusqu’à mettre en lumière des secrets parmi les plus profonds. On sort inévitablement chamboulé de ce visionnage, et pour rien au monde on ne reviendrait en arrière. »

Cold Case Hammarskjöld de Mads Brügger

Antoine/ Le goût de l’espoir / IMPACT

1336, c’est le nom d’une marque de thé, mais surtout le nombre de jours qu’il a fallu pour que les salariés de l’usine de thé l’Eléphant, à Marseille, reprennent possession de leur outil de travail. Pourtant, le couperet était tombé. L’usine Unilever de Marseille devait fermer, pour être délocalisée en Pologne, comme tant d’autres suite à la crise de 2008. Ses salariés lui ont choisi un autre destin. Ils ont repris l’usine pour fonder une coopérative. Depuis, ils sont 42 coopérateurs à décider ensemble, collectivement des projets à mener pour que leur marque se fassent un nom sur le marché. C’est ce combat qu’a choisi de raconter Laura Coppens, une réalisatrice anthropologue. Elle a suivi la vie, et la gestion de l’usine pendant 2 ans. Pour montrer les succès des coopérateurs, leurs doutes, mais surtout leur abnégation.

Le goût de l’espoir, Laura Coppens

Simon/ Brassens par Brassens de Philippe Kohly/ DOCUMENT MUSICAL

 « Un document exceptionnel pour saisir l’éthos de cet artiste hors norme, fidèle à ses idées, ses amis et ses amours. De sa naissance jusqu’au tombeau, la vie de Georges Brassens est une épopée. Le gamin de Sète, libre penseur et poète de génie revient sur sa vie et son œuvre, avec le même humour ravageur ayant permis à ses chansons  de traverser les époques. La littérature, la poésie, les femmes, le succès ; rien n’échappe à Brassens dans les interviews radiophoniques faisant office de narration. Celui qui aura réussi l’exploit d’être considéré comme un classique de son vivant nous ouvre son cœur dans ses joies comme dans ses peines, pour éclairer une existence hors-norme, guidée par un anarchisme déterminé. »

Brassens par Brassens, de Philippe Kohly

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