France

Les lycéens, le traître et les nazis

À l’origine de cette reconstitution, un travail de mémoire : le réalisateur David André a souhaité faire connaître les noms et les convictions des jeunes résistants parisiens massacrés en Sologne oubliés par l’histoire. 

Le 10 juin 1944 est resté dans les mémoires françaises comme le jour du massacre d’Oradour-sur-Glane. Pourtant, à quelque 260 kilomètres de là, 41 lycéens parisiens étaient fusillés à La Ferté-Saint-Aubin en Sologne. 

La pesanteur mémorielle de leurs personnages 

David André assigne des visages de jeunes premiers à ces lycéens résistants. Il fait jouer à ses acteurs des scènes extrêmement courtes et muettes, préférant les voir déclamer en voix-off des extraits des journaux et des mémoires de ceux qui ont survécu. Le réalisateur n’a pas opté pour la fiction ; on ne peut pas lui en vouloir. Le style est dynamique, on croirait parfois la caméra portée par l’un des protagonistes. Toutefois, les acteurs semblent gênés par la pesanteur mémorielle de leurs personnages. 

Le rôle des collaborateurs français est également exposé. Pierre Lussac – l’autoproclamé « gestapache » – et André Parent se voient eux aussi assigner un visage et surtout, la responsabilité du massacre. Tout deux furent exécutés à la Libération. 

Chantez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

Le film ne s’assume jamais totalement, sans doute pour ne pas rebuter le spectateur. La question de le faire totalement en noir et blanc a été évoqué en pré-production, puis abandonnée. Le réalisateur le dit à demi-mot : c’est par souci d’accessibilité. Le spectateur se retrouve donc face à une image HD sur lesquels les filtres « grain » et « pellicule » ont été poussés au maximum, entrecoupée de trop rares images d’archives. 

En définitive, il a le mérite de remettre la lumière sur ces vies sacrifiées. Philippe Wacrenier, les frères Soreph, André Coche et les autres retrouvent un visage ; leurs noms résonneront désormais au-delà du cercle des lycéens qui assistent aux cérémonies commémoratives dans une forêt solognaise chaque année. 

Les lycéens, le traître et les nazis. De David André. Narration : Philippe Torreton.

Augustin Pietron

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