La vie du festival

Dessine-moi un portrait : La communauté LGBT + à travers le documentaire

Au coeur du Fipadoc de Biarritz, de nombreux documentaires traitaient des questions LGBT +. Des enquête au format portrait pour informer, sensibiliser et dépasser les stéréotypes de notre société. 

« Nous crions pour que les personnes comme nous sachent qu’elles ne sont pas une erreur, qu’elles ne sont pas seules ». Artiemx, jeune russe exilé au Canada, lance ce cri du coeur dans le premier long-métrage de Denis Parrot « Coming out ». Comme lui, plusieurs membre de la communauté LGBT+ ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour témoigner de leur coming out et le réalisateur monteur, additionne ces vidéos dans un documentaire qui nous touche en plein coeur.

Au Fipadoc de Biarritz, plusieurs documentaires traite des questions LGBT+ : Web-série comme « Derby Gender », long-métrage comme « Coming out », courts-métrages comme « Girlhood » (Heleen Declercq) « Après le Silence » (Sonam Larcin) ou « Riot not Diet » (Julia Fuhr Mann)Souvent à travers les portraits. Un seul ou plusieurs. Un format qui permet de découvrir chaque personne, montrer la différence des sexualités et des genres, informer le public sur cette vie qui n’est pas un « choix » mais une intimité simplement différente.

Le documentaire pour informer 

Dans « Derby Gender » réalisé par Camille Ducellier, nous faisons la connaissance de Jasmin, personne trans, membre de la communauté Queers – les personnes qui n’adhèrent pas à la vision binaire des genres et des sexualités -. Il.elle nous explique son parcours, sa vie de tous les jours. Ainsi, il.elle préfère être reconnu.e comme il dans son sport le roller derby mais dans les deux genres le reste du temps.  Il.elle nous explique également que nombreuses sont les personnes qui ne comprennent pas qu’être une personne trans « ne signifie pas prendre des choses » (ndrl : hormones etc.). Même problème pour Ulys dans « Coming out » qui annonce se sentir transidentitaire à sa mère qui lui répond « Qu’elle est très belle en fille ». « Sauf que je ne suis pas une fille », nous explique-t-il au bords des larmes.

Le documentaire c’est aussi le moyen de montrer la méconnaissance du sujet à la fois par les jeunes générations et leurs aïeuls. Dans « Coming out » ils sont plusieurs à témoigner de l’absence d’informations sur les orientations sexuelles et genres. Ainsi, Emma, jeune femme lesbienne révèle qu’adolescente « elle n’avait jamais entendu parler des gays ou lesbiennes ». Un manque de repères parfois tragique qui conduit aux multiples tentatives de suicide et pour certain.e.s au décès. Preuve de l’urgence d’informer, Denis Parrot, réalisateur de « Coming out » dit à quel point il « aurait aimé voir ce genre de film adolescent ». 

Le documentaire pour nous toucher 

Toucher pour mieux enseigner. De part les témoignages, les formats choisis, les documentaires nous prennent aux sentiments, et nous atteignent en plein cœur. Dans la thématique de Girlhood cette question « être ou ne pas être une fille ». La vie se limite-t-elle seulement à cela ? Ici les portraits de personnes intersexes, queers, lesbiennes, trans. Une fille qui pleure au téléphone en expliquant à sa mère ce qu’elle ressent vraiment au fond d’elle. Dans Après le Silence, Davis immigré qui a dû fuir son pays car homosexuel. Et cette phrase « C’est tout le temps la peur ». Bien évidemment, la persécution envers la communauté LGBT + est traitée dans ces documentaires, et cette sensibilisation aux vues des témoignages, semble plus que nécessaire.

girlhood-2017-1
Girlhood

Ce n’est pas toujours des histoires émouvantes, mais aussi drôles qui nous font sourire, les yeux pétillants de malice face à tant d’irrévérence aux normes sociétales : Riot not Diet, et son effet clip montrant des personnes de la communauté queers nues, en gros plans, assumer leurs formes et riant des stéréotypes qu’on leur colle à peau. Elles.ils défilent en pleine rue et nous disent « Personne ne nous arrêtera ». Et on a bien envie de les croire.

Le documentaire pour voir au-delà d’une orientation sexuelle ou d’un genre 

Mais la plus grande force de ces documentaires c’est de montrer qu’il existe une personnalité, une personne au-delà des caractéristiques sexuelles et genrées. Alors qu’on ne définit personne comme étant « hétéro » pourquoi le ferions-nous pour celle que nous qualifions « d’homosexuelle » ? Derby Gender c’est surtout montrer quelqu’un dans un sport qu’il.elle aime, Coming out, c’est raconter l’histoire d’un jeune garçon et sa passion de la corde à sauter, Riot not Diet c’est découvrir des jeunes adultes libres et un peu arty.

La force de ces documentaires, c’est de ne pas s’enfermer dans un carcan et revendiquer des portraits qui ne se limitent pas à la sexualité ou le genre de la personne que l’on filme. C’est briller quand on montre des jeunes adultes et adolescents de diverses origines pour illustrer le monde cosmopolite dans lequel nous vivons. C’est aussi donner la parole à des minorités opprimées et le prouver : nous sommes tous pareils tout en étant tellement différents.

M.BOYER

Informations pratiques :

Coming-out, sortie le 1er mai en France

Riot not Diet, actuellement disponible sur la plateforme IMDb, il sera projeté aux festivals Elles Tournent Brüssel et Rature Festival Genf.

Girlhood, pas d’informations disponibles

Après le silence, pas d’informations disponibles.

1 comment on “Dessine-moi un portrait : La communauté LGBT + à travers le documentaire

  1. Ping : Et les grands gagnants de cette première édition du Fipadoc sont… – Champ / Contrechamp

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :