Les professionnels

Produire un documentaire pour le cinéma, mission quasi-impossible

À moins de s’appeler Agnès Varda, réalisateurs et producteurs ont peu d’espoir pour obtenir une aide du CNC afin de financer leurs projets au cinéma.

Crédits : ScPoBxFipadoc2019

L’équipe du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) a tenu une conférence à destination des professionnels sur les différentes aides au financement des documentaires, mercredi 23 janvier, à l’occasion du Fipadoc de Biarritz. Autant dire que les ambitieux qui ne souhaitent réaliser et produire que pour le cinéma devront revoir leur copie. Et pour cause, chaque année, le CNC verse 89 millions d’euros d’aides aux documentaires, mais seuls 10 % des projets sont soutenus au cinéma. Le reste est financé par le fonds de l’audiovisuel, destiné au petit écran.

Projecteurs sur la sélection drastique des aides du CNC

Pour obtenir une aide provenant de la direction du cinéma pour un long-métrage, la société productrice doit d’abord avoir un capital social d’au moins 45 000 euros. À partir de là, elle peut prétendre à trois types d’aides. La première soutient la phase de développement du documentaire, qui consiste à accompagner les auteurs dans l’écriture ou la réécriture du scénario ; la seconde concerne la phase de production; et la dernière regroupe les aides au cinéma du monde, destinées aux documentaires en coproduction avec une entreprise de production établie à l’étranger.

Mais la sélection est drastique pour ces aides dont les montants vont de 30 000 euros pour la phase de développement à 170 000 euros pour la production. En moyenne, seules 10 % des aides sont octroyées. Parmi les exemples de projets aidés, l’équipe du CNC cite Visages, villages, ce documentaire d’Agnès Varda qui a reçu « l’Oeil d’or » du meilleur documentaire du Festival de Cannes en 2017.

« C’est souvent difficile à entendre pour les réalisateurs, même pour les étudiants. On en a eu des personnes qui nous disaient « non mais moi je ne fais que du cinéma, la télé, je n’en veux pas ». », confie Anne d’Autume, cheffe du service du documentaire du CNC.

Certains doivent donc revoir leurs ambitions à la baisse et se tourner vers le fonds de soutien audiovisuel qui détient le budget le plus important du CNC. Connu des professionnels sous l’acronyme « Cosip », disparu il y a quatre ans, ce fonds contribue au financement de quatre genre de programmes : les documentaires, les fictions, l’animation, et les adaptations audiovisuelles de spectacle vivant. Près de 5000 oeuvres qui sont aidées chaque année, dont 2000 documentaires.

Caroline Robin

À propos Caroline Robin

Journaliste spécialisée santé à Capital.fr en alternance avec le Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) de Paris. Diplômée du master journalisme de Sciences Po Bordeaux (promo 2019) et de la licence sciences de l'information et de la communication de l'Institut des sciences de l'information et de la communication (Isic) de l'Université Bordeaux Montaigne (promo 2017).

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