Compétition Jeune création

De Liverpool à Paris : itinéraire d’une jeune documentariste

Rosin Burn vient de Birkenhead, ville industrielle du Nord-Ouest de l’Angleterre. Avec « Passing tides » son premier documentaire déjà diffusé sur France 3 et  projeté au Fipadoc 2019, la jeune Britannique, ancienne étudiante en langue française, espère faire de sa passion son métier. 

Les mouettes, le sable, les chantiers navals. Birkenhead, ville de briques où s’amarrent les navires de marchandises, le paysage d’enfance de Rosin Burn. Ce territoire industriel du Nord-Ouest de l’Angleterre, Rosin le quitte à 18 ans pour ses études.

Une passion française

« Je suis allée étudier la langue française et la science politique à Sheffield, une autre ville d’Angleterre », explique la jeune femme souriante. Mais en Angleterre, étudier coûte cher. Rosin décide d’abandonner sa terre natale  en 2012, pour enseigner le français à Paris, ville qu’elle a découverte et immédiatement adoptée lors d’une année d’Erasmus. Captivée par la caméra, elle décide d’entrer dans une formation de film documentaire à l’université Paris X-Nanterre. « J’ai découvert la réalisation du documentaire, du film ethnographique, c’était très intéressant », s’enthousiasme Rosin.

Elle se spécialise ensuite dans un master 2 à Paris I centré sur la réalisation et la production de films. C’est au cours de cette formation que passe l’opportunité de réaliser un documentaire. Rosin la saisit immédiatement. L’Adami, une société spécialisée dans le financement d’auteurs, propose aux élèves du master de Rosin de réaliser un documentaire de 10 minutes, sur la thématique « un artiste européen aujourd’hui » pour un budget de 7000 à 10 000€. Rosin réfléchit, écrit, et crée « Passing tides ». Son projet est choisi. Il ne restait plus qu’à tourner.

Rosin Burn, la réalisatrice de « Passing tides ». Crédit : ScPoBxFipadoc 2019

Le retour après l’exil

Si Rosin dépeint la toile de fond de son enfance dans ce documentaire, elle ne se met pas en scène. C’est de Bill qu’elle a choisi de parler. Bill, c’est un ami d’ami, un musicien, un jeune garçon qui comme elle, a foulé le béton de Birkenhead quand il était gamin. Dès le début du documentaire, sa solitude est frappante.

Ce garçon pâle, ère dans sa grande maison de famille, où rien n’a bougé depuis la mort de son frère. Bill vit parmi les fantômes. Il chante et joue de la guitare. C’est d’ailleurs dans les paroles d’une de ses chansons mélancoliques que l’on retrouve le titre du documentaire « Passing tides ». Il se fait le porte-parole de Rosin, exprimant avec mélange d’amour et de répulsion qu’elle porte à son enfance, les tragédies familiales qu’elle-même a connues. « Je n’y étais jamais retournée depuis mon départ à 18 ans, c’était trop douloureux ». 

Derrière la caméra, la précarité

Réaliser films et documentaires, c’est un rêve qui se réalise pour la jeune Britannique. Un idéal cachant une réalité précaire, qui ne permet pas pour l’instant, de mettre beaucoup de beurre dans les beans. « Sur « Passing tides, on a touché une petite rémunération », confie Rosin. « Je prépare un documentaire de plus long-terme, sur les disparitions inexpliquées en France. Si il ne marche pas malheureusement, je devrais recommencer à donner des cours de langues », se désole-t-elle. Pour cette expatriée d’outre-Manche, c’est quitte ou double.

Océane Théard

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