France

La vie en apesanteur

Vivre comme un poisson dans un bocal… c’est le défi qui se pose pour envoyer des humains dans l’espace, des entités vivantes propulsées dans un vide inerte. Si l’accent est généralement mis sur les exploits de ces explorateurs des temps modernes, le documentaire Les cobayes du cosmos, confidences d’astronautes projeté au festival international du film documentaire de Biarritz, s’intéresse à une réalité plus pratique à travers les témoignages de 13 hommes et femmes qui ont vécu de longs séjours dans l’espace, parmi lesquels Thomas Pesquet, qui a passé huit mois à bord de la Station spatiale internationale. Il devrait être diffusé cette année par France 5 et Sciences et Vie TV. 

Envoyer dans l’espace des organismes façonnés par la Terre

Voyager dans l’outre-Terre, c’est d’abord douloureux pour le corps, qui doit s’adapter à des conditions inédites. Avec l’apesanteur, le cerveau ne comprend plus l’espace dans lequel il évolue, l’oreille interne tire la sonnette d’alarme, nausées et vomissements à la clé. Une fois passée cette difficile étape d’adaptation, les astronautes décrivent un sentiment absolu de légèreté et de liberté. Une plénitude physiologique à laquelle ils devront renoncer, non sans mal, à leur retour sur Terre. C’est alors au corps entier de se réacclimater : le cerveau doit retrouver ses repères, les muscles doivent se raffermir, et le coeur, pomper davantage. 

Envisager le métier d’astronaute avec cette nouvelle perspective plus réaliste a découragé Alassane, 14 ans qui, après  la projection, ne signerait pas pour un aller-retour dans l’espace  « ça m ‘a un peu dégoûté les nausées ». Les symptômes du mal de l’espace pourrait en effet rebuter certains rêveurs…

Une expérience déroutante

Vivre dans l’espace, c’est vivre en permanence avec le bruit des machines, au point que les sons de la nature viennent à manquer. A bord de la station spatiale internationale, c’est donc parfois des enregistrements de chant d’oiseaux ou de coups de tonnerre qui rythment le quotidien.  

Les astronautes témoignent d’un choc de perspective provoqué par la vue si lointaine de la Terre. Pour Takuya ONISHI, astronaute japonais, c’est « d’une beauté à en perdre les mots ». Un nouvel angle de vue à l’origine de réflexions existentielles. Il faut probablement le voir pour le comprendre, mais le documentaire nous laisse entrevoir comment un tel voyage peut changer un homme ou une femme.

La projection a semblé ravir le public, dont les commentaires positifs se sont laissés entendre à la fin de la projection. Une spectatrice, ayant voté « ce film m ‘a plu à la folie » dans l’urne destinée au prix du public à la sortie de la salle, se montre enthousiaste. Elle a apprécié le travail vulgarisation scientifique et veut approfondir la réflexion à la suite de ce visionnage. 

Des scientifiques au service de la curiosité humaine

On réalise avec ce documentaire captivant les difficultés insoupçonnées de l’exploration spatiale avec lesquelles doivent vivre les astronautes au quotidien. Les témoignages exceptionnels sont mis en parallèle avec la parole de scientifiques qui présentent des solutions pour briser les limites de l’exploration, et aucune ne semble totalement farfelue.

Mais pourquoi se poser tant de questions sur les difficultés de la vie dans l’espace? L’objectif de marcher sur la planète Mars ponctue le documentaire sans pour autant remettre en question cette soif d’exploration extraterrestre. 

Lucie Rivière

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